Le bâtiment de marketing
Le bâtiment de marketing
L’entrepôt de stockage Le bâtiment d’emballage et de distribution Le bâtiment de marketing
Le bâtiment de marketing
Claudio Moser
Le bâtiment de marketing Laufon, 2004
Collection Ricola
Clicker pour agrandir Clicker pour agrandir Clicker pour agrandir

Le bâtiment de marketing, Baselstrasse 31, jardin, Laufon 1998-1999

Le plus récent projet réalisé pour le compte de Ricola par Herzog & de Meuron abrite le service de marketing. Il se dresse dans le jardin derrière les bâtiments donnant sur la route de Bâle - ces bâtiments qui ont servi de cadre aux premières activités commerciales de l’entreprise. Par sa structure et ses parois en verre, le nouveau service de marketing suggère une transparence qui s’inspire d’un pavillon qui, à l’époque, se trouvait au même endroit.

Le terrain de forme irrégulière et de dimensions limitées imposait un projet exploitant l’ensemble de la surface utile par un agencement des coins et des angles conforme à la configuration du site. Entre les points angulaires, le retrait des baies vitrées varie au gré des impératifs architecturaux. Si, au niveau de la cour, l’on peut se référer à la présence d’un vieux pin, la raison en est moins évidente pour les autres parties. La texture irrégulière de l’ensemble reflète l’ordonnance fortuite des lieux environnants: sites, rues, parcelles, fermes, immeubles locatifs. Le terme «refléter» s’entend également dans son sens propre: les structures et parois étant réalisées en verre, le pavillon renvoie l’image de l’environnement, mais déformée par les plis et replis des panneaux vitrés. Cette vue des choses correspond à l’essence même des lieux qui ne connaissent pas d’ordre si ce n’est celui d’un collage. Le bâtiment devient donc un élément de ce «désordre», ses baies vitrées suggérant l’impression d’être elles-mêmes le résultat d’un collage fortuit. A cela s’ajoute un effet optique bienvenu: les dimensions extérieures semblent réduites. Ceci est particulièrement important dans une zone où les maisons font tout au plus 25 mètres de long, alors que le nouveau pavillon en mesure bel et bien 39.

Le toit présente la particularité de comporter de longues barres saillant à 90°. Leurs terminaisons décrivent des lignes droites entre les extrémités du bâtiment. Elles visualisent de la sorte l’ampleur du recul des baies vitrées. Au départ du toit couvert de terreau, des plantes judicieusement sélectionnées se déversent sur des filets suspendus entre les barres: vignes, clématites, chèvrefeuilles dont le feuillage change de couleur au gré des saisons. Seul le lierre conserve son vert foncé tout au long de l’année. En hiver, les barres en fibres de verre plient sous la charge de la neige. Dans la mesure où ce concept vise à faire de ces plantes un élément conceptionnel, il fait partie d’une recherche architecturale menée systématiquement par Herzog et de Meuron (pour preuve voir aussi le bâtiment Ricola à Mulhouse-Brunstatt). Ce projet a pour objectif de créer une synthèse entre l’architecture et la nature.

Le verre avec ses deux propriétés opposées, soit celle de livrer l’intérieur au regard de l’observateur ou, au contraire, de le préserver de tout regard curieux par sa réflexion, est un élément de conception important. C’est ainsi que, depuis la cour, le regard traverse entièrement le pavillon jusqu’au talus planté de fougères qui délimite la parcelle. D’un autre point de vue, il se mêle en revanche à l’image du mur de l’ancien immeuble dont le reflet apparaît sur les panneaux vitrés. Le spectateur se croit ainsi face à des voiles suspendus à la file, susceptibles de renvoyer l’image des objets extérieurs tout en estompant les limites de la construction.

Cet effet optique se poursuit à l’intérieur. Le pavillon est dominé par un hall de deux étages reliés par des escaliers d’une largeur généreuse. Le hall, pouvant également servir de cadre à toutes sortes de manifestations, illustre par sa transparence l’esprit de la construction toute entière. Les espaces de travail attenants restent ouverts, même si par endroit une séparation en verre amortit les voix ou des rideaux apportent une plus grande discrétion... tout en jouant le rôle d’éléments d’agencement intérieur stylés: vert-gris conçus par Rosmarie Trockel ou encore en couleurs réalisés par Adrian Schiess, tous suspendus sur trois rangs de manière à pouvoir être mélangés en fonction des circonstances. La contribution de ces deux artistes a donc un rôle autant utilitaire que conceptionnel. Par ailleurs, elle illustre l’engagement pris par l’entreprise en faveur de l’art contemporain.

Finalement, les plantes qui débordent le bord des filets font partie de l’architecture, au même titre que les rideaux. Sur les faces vitrées, elles créent des dessins de lumières et d’ombres soumis à un changement constant, ce qui correspond aux visées des architectes souhaitant intégrer l’aspect temporel à leurs créations. «Tout prend de l’âge, précisent-ils, mais rares sont les constructions conçues en sorte de faire apparaître le changement comme une qualité.»


Scroll Up
Scroll Down